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Des ateliers Montessori à l’école
Une expérience en maternelle

Béatrice Missant

Pratiques et enjeux pédagogiques - ESF

 

Description :

Madame Missant est professeur des écoles en maternelle depuis 10 ans. Son livre décrit la pédagogie Montessori telle qu’elle était pratiquée au début du XX° siècle, il illustre une expérience d’ateliers Montessori dans une classe de nos jours en accord avec les programmes de l’Education nationale  de 1995.

Résumé :

Après avoir compris les enjeux des mouvements d’éducation nouvelle de la fin du XIX° et début du XX° siècle, de la place du médecin Maria Montessori dans ces mouvements, le lecteur découvre les grandes lignes de la pédagogie scientifique :

  1. le libre choix de l’élève : dans une classe Montessori, les élèves d’âges différents sont occupés tous avec des plateaux de matériel individuel où ils manipulent, répètent et tentent de réussir la tâche que le matériel leur impose. Ces répétitions possibles les amènent à la concentration, l’exercice de la volonté et l’autodiscipline.  L’enseignant se limite pendant ce temps à assurer le calme et à observer les élèves dans leur tâche. Il peut s’approcher d’un élève et engager une discussion à propos de l’activité.
  2. l’esprit absorbant : Maria Montessori a appelé "esprit absorbant" l’aptitude à apprendre qui caractérise le jeune enfant. "Dans ses livres, elle compare l’esprit de l’enfant à une éponge… l’enfant absorbe le monde qui l’entoure et l’analyse ensuite alors que pour les adultes, c’est l’intelligence qui permet d’acquérir la connaissance." De la naissance à 3 ans, l’enfant développe sa conscience par son activité dans son milieu. De trois à 6 ans, il perfectionne et enrichit ses conquêtes : elle le désigne par "le perfectionnement constructif".
  3. les périodes sensibles : pour Maria Montessori le développement de l’enfant se réalise par bonds et non de manière linéaire et régulière. "L’enfant, laissé libre de ses choix passe par une succession de périodes au cours desquelles, il montre une sensibilité particulière à quelque chose. Ces périodes sont limitées dans le temps et ne concernent  que l’acquisition que d’un seul caractère déterminé. Elle constate que si l’on empêche l’enfant d’épuiser l’intérêt d’une quelconque période sensible, ses chances d’acquisitions spontanées dans le domaine concerné sont compromises. Une fois la période passée, les acquisitions ne se feront qu’au prix d’efforts et de fatigue." Quelques périodes sensibles : celles au mouvement, au langage, à l’ordre, à la perfection dans les actes de l’enfant. 

L’auteur Béatrice Missant décrit ensuite l’environnement pédagogique d’une classe Montessori et son matériel où l’éducation motrice, sensorielle et intellectuelle guident les apprentissages et l’entraînement proposés. Dans un dernier chapitre, Béatrice Missant donne des pistes pour adapter des ateliers Montessori dans un emploi du temps conforme aux programmes de 1995. Elle conclut ses écrits en espérant contribuer à une réflexion quant aux besoins des élèves de se concentrer individuellement sur une tâche d’apprentissage avant d’être en mesure d’apprendre ensemble. Ses propos sont éclairés par son expérience en quartiers difficiles.

Valeurs :

  1. Une information claire et explicite sur l’ensemble des mouvements d’Education nouvelle ainsi que sur les pédagogues tels que Edouard Claparède, John Dewey, Adolphe Ferrière, Ovide Decroly, Rudolf Steiner et Célestin Freinet.
  2. Une valorisation des activités de manipulation.
  3. Un point d’appui pour aider à la gestion de cours multiples en maternelle et la gestion de l’hétérogénéité des élèves. 

Limites :

Un ouvrage écrit en 2001 qui s’appuie sur les programmes de 1995 : la place de l’acquisition du langage mériterait d’être approfondie.

Dérives :

Les ateliers Montessori ne peuvent suffire à remplir les exigences des programmes de 2002. Les compétences liées à la construction d’une première culture littéraire sont ignorées. Les domaines transversaux que sont la maîtrise de la langue française et le vivre ensemble sont perçus uniquement sous l’angle de l’élève individu.

Dominique Truand, IEN - Fiche de lecture pour le groupe maternelle