S'approprier le langage

Comment choisir un album-support ?

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Il s’avère bien plus difficile qu’on ne le pense de trouver un récit adapté à l’évaluation des compétences suivantes :

  1. Situer les événements les uns par rapport aux autres
  2. Comprendre une histoire lue par l’enseignant : la raconter en restituant les enchaînements logiques et chronologiques ; situer les protagonistes de manière explicite.

En effet il faut bien avoir à l’esprit qu’il ne s’agit pas de choisir un album que l’on va travailler avec les élèves mais de trouver un récit qui permettra d’évaluer leur compréhension sans explicitation magistrale mais après seulement deux lectures. En outre, la possibilité offerte aux élèves de s’appuyer sur les images pour reconstituer l’histoire rend nécessaire le recours à un album ce qui suppose un certain type de relation entre texte et illustrations.

Or la plupart des albums à destination des jeunes enfants qui, a priori semblent convenir, présentent en réalité des difficultés d’ordre divers :

  1. Le lien texte/illustrations. Il ne se situe pas dans la redondance : les illustrations montrent plus ou moins que ce que dit le texte quand, dans certains albums souvent, à vrai dire, de grande qualité – ceux de Rascal par exemple – elles ne prennent pas volontairement une distance avec le texte.
  2. L’univers de référence. Souvent loin de l’expérience enfantine, il exige une culture littéraire que certes l’école contribue à donner aux élèves mais qui, pour ceux qui auront moins profité de leurs années de maternelle, peut créer des barrières à l’entrée qui n’ont rien à voir avec les compétences que l’on veut évaluer.
  3. La langue. Elle se révèle souvent trop riche tant sur le plan des structures que sur celui du lexique pour que des élèves de GS puissent comprendre l’histoire sans reformulation magistrale. C’est le cas par exemple de bon nombre d’ouvrages de Claude Boujon.
  4. Le récit. L’analyse de beaucoup de textes proposés en maternelle met en évidence des récits mal caractérisés où interviennent personnages et épisodes superflus qui, quel que soit leur intérêt littéraire ou esthétique, viennent parasiter la chronologie voire la cohérence première du récit.

Les albums qui obéissent aux caractéristiques ci-dessus ont, bien sûr, toute leur place en maternelle mais il faut éviter de les utiliser pour cette évaluation non pas pour que tous les élèves obtiennent de bons résultats mais pour que les enseignants sachent vraiment ce qu’ils évaluent et puissent, auprès des élèves qui échoueraient dans ce domaine, mettre en place des actions ciblées avec la plus grande précision.

À titre d’exemples, voici quelques albums qui peuvent convenir à cet exercice.

C’est moi qui commande Caroline Jayne Church Milan Jeunesse
Je vais te manger Richard Waring, Caroline Jayne Church Milan Jeunesse
Je veux ma maman Claire Clément, Madeleine Brunelet Le Père Castor. Benjamin
Un bon petit ogre Claude Boujon L’école des loisirs
Toc, toc, toc Tan et Yasuko Koide L’école des loisirs
Les trois brigands Tomi Ungerer L’école des loisirs
Coco Panache Catharina Valckx Lutin poche