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Se préparer à l’épreuve

La critique de séquence en maternelle

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Les lignes qui suivent s’adressent à tous les enseignants qui vont passer l’épreuve dite de "critique de leçon" dans une école maternelle et principalement à ceux qui officient habituellement en élémentaire. Elles ne prétendent pas se substituer aux visites de classes maternelles qu’ils peuvent effectuer avec un conseiller pédagogique ni aux lectures d’ouvrages didactiques que nous les engageons à effectuer mais elles se proposent de les aider dans l’effort d’adaptation qu’ils vont devoir fournir pour observer le plus efficacement une classe dont le fonctionnement risque de les déstabiliser, étape incontournable pour mener à bien un entretien avec un débutant.

 

1. Connaître la maternelle

Les programmes

On ne va pas ici se livrer à une analyse des programmes de la maternelle dont les candidats pourront lire le détail sur ce site ou sur Eduscol. Nous nous bornerons à quelques remarques dont la première rassurera sans doute de nombreux candidats : ils ne sont pas tenus "d’apprendre les programmes" puisqu’il est tout à fait admis de disposer d’un exemplaire lors de l’épreuve et de s’y référer.
Cela dit, le texte des programmes n’offrira qu’une faible assistance à un candidat qui n’en aurait ce jour-là qu’une connaissance superficielle. Il convient donc que ces programmes aient fait l’objet d’une étude attentive par le candidat pour lui permettre de retrouver au plus vite, lors de l’épreuve, les références qu’il cherche.

Remarques - En maternelle :

L’organisation des classes

Comme en élémentaire, les élèves sont répartis par cohorte. Si les classes "de cycle" comprenant des enfants de 3, 4 et 5 ans figurent une exception, celles accueillant des enfants de deux années civiles différentes, c’est-à-dire constituant une double section, se révèlent plus fréquentes que les classes à double cours en élémentaire. Il peut donc théoriquement y avoir dans une classe des enfants ayant près de 24 mois d’écart entre eux ; dans les faits, un écart de 15 à 18 mois est fréquent, ce qui pour des enfants de 3 à 6 ans n’est pas anodin.

En élémentaire, les tables sont disposées en groupes, en bandes formant un U ou en rangées ; elles occupent l’essentiel de l’espace ; en maternelle, ce dernier est géré de manière très différente : entre un quart et un tiers de la superficie de la classe est consacré à un lieu où se regroupent les élèves, les tables des élèves souvent ovales ou octogonales surtout chez les plus petits et des coins affectés à des activités particulières se partagent le reste. Les élèves n'ont pas toujours une place attitrée mais disposent généralement d’un casier où ranger leurs productions ou leurs travaux.

Les séances durent peu de temps, rarement plus de trente minutes ; elles se succèdent donc à un rythme qui peut paraître fébrile à un spectateur non initié d’autant qu’elles s’accompagnent souvent d’une rotation des élèves autour des tables ou du moins d’un changement de lieu pour une partie d’entre eux.

Cette organisation spatiale et temporelle implique une autre attitude du maître. En élémentaire, il s’adresse le plus souvent à la totalité de ses élèves en même temps ; en maternelle la pédagogie simultanée tient moins de place ; surtout elle a rarement en charge les apprentissages cognitifs considérés habituellement comme prioritaires.

Ces particularités influent de manière non négligeable sur ce qui va vous être présenté dans la classe le jour de l’épreuve et qu’il convient d’anticiper.

 

2. Anticiper sur les séances présentées

Le texte dit : "Le candidat assiste à la séquence en présence du jury." le terme de séquence prête à confusion. S’agit-il d’un moment de classe ou d’une séance d’apprentissage ?

En élémentaire, la durée d’une séance correspond globalement à celle de l’épreuve ; l’ambiguïté tombe de ce fait. En maternelle les deux interprétations aboutissent à des résultats différents. Vous pouvez soit assister à séance d’une trentaine de minutes centrée sur un domaine d’apprentissage précis, soit assister à une plage horaire de quarante cinq ou cinquante minutes qui, du fait de la brièveté du temps de concentration des élèves comprendra deux activités différentes. Il faut donc envisager les deux éventualités.

On place généralement les épreuves qui ont lieu en maternelle durant des matinées ; toutefois, ce n’est en rien une obligation et vous pouvez très bien être convoqué une après-midi. Dans les deux cas vous assisterez :

Les rituels

Les  "rituels" se situent généralement en début de demi-journée après la phase d’accueil qui permet une entrée progressive des élèves en classe. L’enseignant regroupe alors les élèves autour de lui et conduit pendant une quinzaine de minutes des activités qui visent à les remettre dans une ambiance scolaire : appel, écriture de la date, récitation de comptines…

Les rituels aboutissent souvent à la présentation de l’activité ou des activités qui vont suivre.

La séance proprement dite

Si le jury peut faire à l’enseignant qui vous accueille une commande en termes de contenus – une séance dans le domaine de la langue, de la découverte du monde… - celui-ci reste toujours maître de son organisation de classe. Vous aurez donc à observer soit une séance en collectif soit une séance en ateliers.

Quel que soit le domaine concerné – agir avec son corps, découvrir le monde… - l’organisation de classe s’apparente à ce que vous connaissez forcément puisque vous enseignez en élémentaire : le maître prend en charge tous les élèves en même temps sur une même activité. Les spécificités de la maternelle résident dans l’organisation spatiale de la séance, les places respectives de l’oral et de l’écrit ainsi que la durée des différentes phases.

On trouve deux formes d’organisation en ateliers :

La forme la plus courante de l’organisation en ateliers confronte l’observateur, y compris le plus chevronné, à un véritable dilemme. En effet, forte est la tentation de se centrer sur le groupe dirigé par le maître puisque c’est sa manière d’enseigner qui est en jeu  et de négliger voire d’ignorer les autres élèves. Or l’atelier dirigé ne concerne qu’une huitaine d’élèves ; on ne saurait admettre qu’une observation de classe ne s’intéresse qu’à un quart de l’effectif. Vous allez donc devoir répartir votre attention entre les différents groupes installés dans la classe ce qui va vous amener à vous déplacer sans perdre de vue ce que fait l’enseignant dont vous allez par moment vous éloigner car il est indispensable que vous puissiez analyser comment il conduit une séance.

On touche là une des difficultés propres à l’observation en maternelle.

 

3. Les difficultés propres à l’observation de classe en maternelle

Suivre l’activité de tous les élèves

Il n’est jamais facile de s’assurer que tous les élèves d’une classe se sentent effectivement concernés par ce que leur propose leur enseignant et l’idée qu’on se rend mieux compte de ce que font les élèves lorsque la séance s’adresse à tous, relève d’une représentation erronée. Il suffit que les élèves ostensiblement actifs soient éparpillés dans l’espace pour que le maitre et l’observateur aient l’impression fallacieuse que tous participent.

En maternelle, la question se pose en des termes un peu différents. Lors d’une séance collective, les élèves manifestent plus librement leur ennui ou leur distraction  qu’en élémentaire ce qui évite à l’observateur de trop s’illusionner sur l’efficacité hypothétique de la séance. En revanche, la perception se complexifie dès que l’on a affaire à des ateliers où l’observateur va être amené d’une part à se déplacer souvent et le plus discrètement possible et, d’autre part, à recourir à des indicateurs de diverse nature pour évaluer la qualité de l’enseignement dispensé. 

Représentons-nous la situation la plus courante : le maître est installé auprès de 8 élèves à une table ou dans le coin regroupement. L’ATSEM s’occupe d’un groupe placé à l’angle opposé, deux autres groupes travaillent en autonomie.

Le candidat ne peut faire l’économie d’aller observer ce qui se passe dans chaque groupe mais il doit aussi veiller à garder toujours un positionnement stratégique d’où il pourra entendre ce que conduit le maître dans l’atelier dirigé.

Selon le groupe observé, ils vont privilégier différents éléments :

Reconnaissons que l’exercice est délicat et qu’il paraît nécessaire de partir pour cette observation doté de quelques munitions.

Identifier les apprentissages

Lorsqu’on assiste en cycle 3 à une séance de grammaire, on n’a pas besoin de faire preuve d’une grande sagacité pour définir les connaissances visées et les compétences sollicitées. C’est beaucoup moins transparent en maternelle, surtout en section de petits ou la plupart des apprentissages s’appuient sur des situations apparemment non scolaires.

Que construisent des enfants de trois ans assis autour de leur enseignant qui fait force mimiques et jeux de doigts, ou occupés à mettre le couvert au coin dînette ? Il faut avoir réfléchi en amont :

pour se révéler apte le jour J à déterminer les apprentissages mis en œuvre lors des diverses situations ludiques offertes aux enfants et la pertinence des dispositifs choisis.

Évaluer la pertinence des dispositifs

Les candidats au CRPE, les enseignants débutants, quand ils effectuent un bref stage en maternelle, perçoivent avant tout les différences de fonctionnement d’avec l’élémentaire, d’autant qu’ils ont en référence leur propre scolarité dans le secondaire, récente pour un grand nombre d’entre eux. Ce qui les frappe donc c’est essentiellement la variété des modalités d’organisation des apprentissages qu’ils vont par la suite tenter de reproduire sans toujours en saisir les intérêts comme les limites. Disons, pour faire simple, qu’ils n’envisageraient pas de conduire leur classe sans faire alterner regroupements et ateliers mais que l’adéquation entre ces dispositifs et les objectifs poursuivis peut sembler ténue.

Le jury attend d’un futur maître formateur qu’il se montre sensible à cette question. Ce qui suppose que vous soyez au clair sur :

Cette connaissance préalable vous permettra de repérer d’emblée des erreurs manifestes – une séquence en grand groupe où l’enseignant veut faire parler les élèves, un groupe confié à l’ATSEM alors que l’enseignant serait indispensable.
Pour les maladresses dues à une mauvaise maîtrise du dispositif – regroupement trop long, matériel en nombre insuffisant pour une demi-classe – faites confiance à votre culture professionnelle pour les identifier sans peine le jour de l’épreuve.