Entretien avec Mme Escanuela,
Adjointe à la petite enfance - Mairie de Lançon

 

Comment êtes-vous devenue adjointe en charge de la petite enfance ? Etait-ce un choix personnel ou de circonstance, en lien avec votre formation professionnelle ?

En tant qu’auxiliaire de puériculture, j’ai travaillé en crèche et en maternelle. Quand nous avons été élus, j’ai pris en charge la maternelle auprès de l’adjoint aux affaires scolaires. Il me semblait important que quelqu’un s’y consacre de manière spécifique et franchement personne n’avait envie de s’en occuper. À cette époque, en 1995, la crèche était associative. Comme elle s’est beaucoup développée, il est devenu plus cohérent de la municipaliser ce qui a amené la création d’une délégation à la petite enfance lors de notre deuxième mandat.

Quelles sont vos attributions ?

Je m’occupe de tout ce qui concerne les enfants de la naissance à 6 ans, c’est-à-dire tout ce qui touche à la garde des jeunes enfants puis à leur scolarisation.

La crèche

Nous avons une crèche qui offre 62 places à temps plein. La directrice qui est très efficace s’organise pour qu’on puisse accueillir des enfants à temps partiel, comme dans une halte garderie ce qui nous conduit à un taux d’efficience de près de 92% et surtout rend service aux parents qui ont besoin d’une garde très partielle de leur enfant. En fait, il y a donc plus d’une centaine d’enfants inscrits.
Mon rôle c’est d’aider à ce que tout marche bien mais avec cette directrice, vraiment, ce n’est pas difficile. Elle fait les inscriptions et je les valide ; c’est la même démarche avec les menus puisque les repas sont préparés sur place, et même avec le budget. Je passe à la crèche une fois par semaine.
Dans le village, on manque d’une halte-garderie mais c’est difficile à créer car finalement très coûteux – il faut beaucoup de personnel pour un remplissage aléatoire. On va opter pour une multi-accueil.

Les assistantes maternelles

Elles sont une quarantaine, regroupées dans un RAM - Relais d’Assistantes Maternelles. La directrice du RAM, employée par une des sept communes qui participent à sa rémunération, renseigne les parents et les aide à établir un contrat d’embauche. Elle propose aussi des formations aux assistantes maternelles et des animations avec les jeunes enfants qu’elles gardent.
Mon rôle ici consiste à faire le lien entre les parents et la directrice du RAM, surtout à rassurer les parents qui souhaitent confier leur enfant à la crèche et doivent opter, faute de place, pour un autre mode de garde.

L’école maternelle

Les classes maternelles se répartissent dans deux sites bien positionnés dans la commune. Nous avons refait la carte scolaire et les parents d’élèves s’y sont adaptés sans trop de difficultés. Je m’occupe des travaux, de l’achat de mobilier et du matériel pour les écoles et essentiellement des ATSEM.
Comme j’ai travaillé en tant qu’ATSEM, je connais bien les charges de ces personnels et j’ai eu à cœur, dès mon premier mandat, de leur marquer de la considération et de leur faciliter la tâche. Nous avons rédigé une charte qui définit plus précisément leurs missions.
Je souhaite recruter des personnes qui ont le diplôme d’ATSEM mais c’est un concours de la fonction publique territoriale assez difficile. Je leur demande au moins un CAP Petite Enfance et l’engagement de passer le concours.
Elles suivent une formation continue : le Brevet de premiers secours, des stages organisé par le CDG pour les aider à mieux assumer leurs fonctions éducatives et relationnelles, aussi pour mieux garantir la sécurité et l’hygiène particulièrement avec les PAI qui se multiplient…
La commune propose aussi un service d’accueil périscolaire mais c’est une association qui l’assure. Il répond vraiment à une demande forte en maternelle car il accueille 25 enfants le matin et 58 le soir.

Cela semble représenter beaucoup de travail, non ?

Jusqu’à cette année le service scolaire se limitait à une seule secrétaire. Je m’occupais de tous les aspects relationnels avec les enseignants de maternelle, les parents, l’équipe de la crèche, le personnel municipal des écoles. J’aimais beaucoup cette dimension de la délégation mais cela dévorait tout mon temps.
Aujourd’hui il y a un directeur du service scolaire ; c’est lui qui assiste aux conseils d’école et surtout qui se trouve en première ligne. Il me reste quand même les appels des parents insatisfaits ou inquiets. J’ai souvent l’impression que la mairie c’est le mur des lamentations ! On doit pouvoir tout résoudre. Cela semble un peu ingrat mais, en même temps, il faut bien que les gens puissent s’adresser à quelqu’un.

Avez-vous des relations privilégiées avec d’autres délégations ?

J’ai surtout besoin de travailler avec l’urbanisme parce qu’il faut absolument savoir combien d’enfants il va falloir accueillir à chaque rentrée, à la maternelle mais aussi en crèche et chez les assistantes maternelles. Et puis, ça me permet de récupérer des locaux désaffectés et de les réaménager pour l'accueil de la petite enfance !

Et avec les finances ?

Au fil des ans, j’ai acquis une vision plus claire du budget dont je peux disposer. Aujourd’hui c’est par lignes et je sais ce que je peux utiliser pour renouveler le matériel. Il faut avouer qu’avec notre maire, quand c’est pour l’école, on trouve toujours une solution.

Vous rencontrez des difficultés ?

Des inquiétudes surtout : pourra-t-on accueillir tous les enfants à la rentrée surtout dans les écoles ? Avec la crèche, on suit plus précisément. Nous ne parvenons pas toujours à savoir combien un lotissement va nous apporter d’enfants et de quels âges. Il y a aussi les incertitudes dues aux forains et, depuis quelques années, aux mouvements dans le centre du village et, là, on ne maîtrise rien.

Que pensez-vous de la manière dont a évolué et continue d’évoluer la prise en charge de la petite enfance ?

Cela a évolué dans le bons sens. On a compris que s’occuper de très jeunes enfants, c’était vraiment un métier qui nécessitait des compétences professionnelles particulières et des formations. Tout s’est structuré. Maintenant, la maternelle c’est vraiment le début de l’école et tout le monde en a conscience. L’accueil à la crèche, ce serait plutôt une transition entre la famille et l’école.
Un seul regret : je trouve que les enfants y viennent vraiment très tôt quand c’est juste à la fin du congé de maternité ; vers cinq ou six mois cela me paraît mieux pour eux et pour leur mère.

Rêvons un peu : imaginons que vous ne connaissiez aucune contrainte financière. Quels services, quelles actions souhaiteriez-vous mettre en œuvre ?

Je voudrais des classes moins chargées en maternelle et des activités culturelles dès le plus jeune âge avec des intervenants qui seraient aussi des artistes.

On vous sent très engagée dans votre délégation, envisagez-vous un prochain mandat ?

Je ne sais pas encore. C’est une charge très lourde mais qui m’apporte tellement de satisfactions. Et puis, il faut peut-être du sang neuf ?