La lecture en réseau en maternelle

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La lecture en réseau : essai de définition

Proposer une lecture en réseau, c’est programmer des lectures d’œuvres mises en relation pour répondre à une problématique d’ordre littéraire en favorisant un travail comparatif efficace.

Un réseau peut s’articuler sur un personnage-type, l’univers d’un auteur, un thème, un mythe, une structure ou un procédé narratif…

L’approche par réseaux constitue un outil au service d’une lecture spécifique : la lecture littéraire. Pratiquer la lecture littéraire c’est, en effet, être capable de résoudre un problème d’interprétation posé par un texte. Ainsi, la lecture d’autres textes abordant une problématique repérée par l’enseignant comme proche du texte initial, permet à l’élève d’apporter une solution au problème de compréhension rencontré. Pour cela, chaque lecture nouvelle amène l’élève à réinvestir des lectures anciennes et le propulse vers de nouvelles lectures.

Cependant, le réseau proposé n’est qu’un ordre possible, à un moment donné, servant un objectif d’enseignement ; il n’est significatif que dans ce contexte, mais il est surtout modifiable. L’élève entraîné va pouvoir créer, entre les œuvres rencontrées, des relations qui lui sont propres et auxquelles l’enseignant n’aurait pas adhéré a priori. Les différents enseignants, par leur culture personnelle, enrichissent ou élargissent également ce réseau.

Lecture en réseaux, parcours de lecture, programmation de littérature, progression

Ces expressions renvoient à des pratiques qui se rejoignent :

 La lecture en réseaux : suppose un travail massé qui se déroule sur deux à trois semaines et vise à rendre explicite un élément clairement défini qui se retrouve dans les différentes œuvres rencontrées.

 Le parcours de lecture : évoque un ensemble de textes choisis par l’enseignant ou l’équipe pour des raisons diverses dont leurs qualités intrinsèques. Au terme du parcours on peut dégager un certain nombre de récurrences : personnages archétypaux, sentiments et mettre ainsi en résonance quelques œuvres rencontrées. Un parcours de lecture peut comprendre plusieurs réseaux construits de manière volontaire mais peut aussi en révéler d’autres qui n’ont pas été pensés en tant que tels.

 La programmation de littérature : vise à organiser les rencontres littéraires des élèves de manière à éviter la répétition à l’identique d’activités autour du même album ou l’oubli d’ouvrages majeurs.

 La progression : construire une programmation de littérature au sein de l’équipe permet de déterminer à quelle section on destine telles œuvres et, si on les présente deux fois dans la scolarité maternelle, ce qu’on exploitera avec les élèves selon leur âge. Il est essentiel de conduire cette réflexion, trop d’enfants très jeunes se trouvant confrontés à des albums d’une difficulté excessive au vu de leur maturité.

La lecture en réseaux présente donc trois avantages

1. Favoriser chez l’élève la découverte des relations ou résonances que tissent nécessairement tous les auteurs de littérature, classique ou de jeunesse, entre leur œuvre et le "contexte culturel existant".

2. Accroître et structurer la culture littéraire personnelle du lecteur et en retour alimenter la mise en relation d’autres textes.

3. Proposer une culture commune aux élèves de la classe.

 

Comment procéder en maternelle

1. Construire le réseau

L’enseignant détermine ce qui mérite d’être pensé en réseau et choisit les textes, le plus souvent des albums, qui servent l’objectif poursuivi. Il est souhaitable de sélectionner des ouvrages offrant une réelle diversité tant sur le plan matériel (format, couleur…) que sur celui de l’écriture.

2. Organiser l’ordre de présentation des œuvres

Plusieurs modalités sont possibles :

 Entrée par un "album–noyau" du réseau qui peut être le plus simple, le plus intéressant mais doit impérativement offrir un exemple emblématique de l’élément à partir duquel est construit le réseau. La rencontre de ce livre-noyau est suivie d’autres albums présentés dans un ordre établi au préalable. La problématique du réseau sera énoncée après la première lecture ou restera en suspens et devra se dégager des lectures suivantes.

 Confrontation directe aux divers albums du réseau. La classe dispose d’une mallette dans laquelle sont placés les albums du réseau. On peut alors opter pour plusieurs démarches :

3. Constituer le réseau avec les élèves

 Identifier le réseau c’est-à-dire faire formuler par les élèves puis expliciter soi-même ce qui réunit les différents albums.

 Mettre en évidence le lien de chaque album avec le réseau.

 Engager un débat interprétatif.

 Rechercher des albums lus précédemment qui font résonance.

4. Élaborer une mémoire du réseau

Plusieurs outils sont concevables dans la mesure où restent :

 

Quelques remarques

Il n’est pas indispensable que l’enseignant lise tous les livres à tous les élèves ; au contraire, il peut se révéler très riche d’amener chaque petit groupe à présenter ses lectures aux autres élèves. Cette manière de procéder permet de différencier le niveau de difficulté des ouvrages et de mieux adapter le choix et les modalités de présentation aux compétences des élèves.

Le travail en réseau, lorsqu’il porte sur un thème ou un personnage, amène la rencontre de nombreux mots du même champ lexical. Il faut absolument s’appuyer sur ce support pour présenter ce vocabulaire, l’organiser et le réemployer.

 

Quelques exemples de réseaux possibles en maternelle

 Sur des personnages types : le loup, le cochon, le crocodile, le géant, le monstre, la sorcière…

 Sur des auteurs : Boujon, Pennart, Fejtö…

 Sur des thèmes : la vie à la maison, l’école, le voyage, le conflit, la colère, la peur…

 Sur des structures ou procédés narratifs : la ritournelle, la répétition avec amplification, l’écriture à la première personne…