La construction du lexique chez l’enfant

Quelques repères

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L’accroissement du stock de mots

L’acquisition se fait d’abord très lentement jusqu’au milieu de la deuxième année ; puis on assiste à ce qu’on peut appeler une explosion langagière :

Pour rappel, à l'âge adulte, nous possédons un bagage situé entre 25 000 et 40 000 mots.

 

La composition du lexique

Le lexique, est d’abord dominé par les noms puis il se diversifie. Trois étapes sont à souligner :

  1. les noms : ils représentent plus de 55% du lexique quand celui-ci est de 200 mots,
  2. les prédicats (verbes et adjectifs) : leur nombre croît à partir de 24 mois,
  3. les mots grammaticaux qui deviennent vraiment importants quand l’enfant possède plus de 400 mots.

Remarques

Les variables individuelles peuvent être fortes quand le lexique est peu développé. Les linguistes repèrent deux profils langagiers chez les jeunes enfants :

L’écart entre compréhension et production : la faiblesse de la production langagière chez les très jeunes enfants n’a aucun caractère prédictif quant à d’éventuelles difficultés langagières à venir. En revanche les défaillances de compréhension doivent alerter.

L’écart entre les sujets : il est important et se creuse très vite.

 
10% les moins avancés
10% les plus avancés
à 24 mois
moins de 100 mots plus de 500 mots
à 30 mois
moins de 350 mots plus de 700 mots

 

Quelques idées reçues à dépasser

"Le vocabulaire s’acquiert par imprégnation"

Le langage implique un certains nombre de compétences spécifiques dont les principales sont :

Ces compétences ne s’acquièrent pas par imprégnation mais par interactions avec l’adulte. Pour cela, l'adulte (le parent, par exemple) mettra en oeuvre des pratiques discursives que l'on peut présenter ainsi :

Ces pratiques permettront d'aider à la construction des compétences de catégorisation en proposant aux enfants de modifier les premières catégories qu’ils se sont construites, en leur offrant des catégories nouvelles :

Elles aident également à la compréhension de plus en plus précise du sens des mots en offrant des termes nouveaux permettant d’identifier de nouvelles catégories et de les nommer. L’enfant devient capable de :

Remarque : L’enfant va alors se heurter à une nouvelle difficulté : comprendre qu’un mot peut avoir diverses significations !

"La lecture littéraire enrichit automatiquement le vocabulaire"

La lecture brute d’album n’a quasiment pas d’effet sur l’acquisition du vocabulaire.
La lecture d’album offre aux enfants la découverte d’un vocabulaire plus varié que celui employé dans la vie courante et dans les interactions quotidiennes adulte/enfant. Le vocabulaire littéraire se caractérise principalement par :

Dans un cadre familial, la proximité enfant/parent/album favorise le développement de l’attention sur un référent commun qui sera souvent repris car les enfants demandent souvent qu’on leur lise le même livre. Ces moments ont un impact très positif sur la compréhension du vocabulaire même avec des enfants très jeunes.

Dans un cadre scolaire, la situation matérielle est différente, l’objet et le locuteur sont plus lointains. La lecture d’album s’apparente souvent pour des élèves de maternelle à ce que constituerait pour des adultes la lecture d’un texte écrit en langue étrangère ou la projection d’un film en version originale sans sous-titres. Il faut donc se montrer particulièrement vigilant en matière de :