Le réseau de la peur

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Pourquoi en maternelle travailler sur le réseau de la peur ? Il y a tant de thèmes possibles. Pourquoi aller choisir un tel sujet, si négatif ? Nos enfants ne voient-ils pas assez d’horreurs comme cela ? Faut-il que l’école maternelle en "rajoute" ?

Il ne s’agit pas d’en "rajouter" mais de s’appuyer sur la littérature pour évoquer cette émotion aux multiples facettes que tous les enfants sont amenés à vivre et qui doit les aider à grandir.

 

Qu’est-ce que la peur ?

La peur, c’est une émotion primitive auquel l’enfant est confronté très tôt. La peur présente quelque avantage : elle protège contre le danger ; en outre, elle est formatrice car elle développe la mémoire et l’anticipation.

Mais la peur c’est aussi jubilatoire : avoir peur, se faire peur : quel bonheur ! Sinon comment expliquer, auprès des adultes, le succès des "thrillers" dont la fonction première est de nous faire frissonner et, auprès des jeunes enfants, celui des histoires d’ogres, de monstres et de grands méchants loups.

Ce goût de la peur explique qu’on ait là un thème esthétique que l’on retrouve dans tous les arts figuratifs : en architecture avec les processions des damnés sur les frontons de nos cathédrales, en peinture tant religieuse que profane avec de multiples scènes de violence et de supplices, au théâtre ou à l’opéra avec les tragédies et, bien sûr, en littérature.

Et on voudrait priver les enfants de ce plaisir-là ?

 

Éduquer un enfant...

... c’est lui apprendre à :

 Surmonter ses peurs archaïques et irrationnelles : peur du noir, du monstre figuré par l’ombre du rideau…

 Gérer des peurs naturelles : anxiété face à la nouveauté, l’entrée à l’école, le changement de gardienne ; crainte devant la réitération d’une expérience douloureuse (vaccin chez le pédiatre, chute lors d’un exercice physique…)

 Construire des peurs protectrices : le feu, ça brûle ; la rue, on peut se faire renverser…

 

Raconter des histoires effrayantes, lire des albums qui font peur...

... contribuent à l’éducation de jeunes enfants à condition :

 Que l’on aide progressivement l’enfant à distinguer l’imaginaire du réel.

 Que l’on se montre vigilant dans le choix des albums et particulièrement des illustrations qui peuvent impressionner les enfants plus qu’on ne l’imagine.

 Qu’on évoque aussi les vrais dangers, ceux contre lesquels il faut mettre les enfants en garde.

 

Les enfants, n’ayons plus peur de leur faire peur… un peu !